Une aventure tient souvent à peu de choses. Celle de Crésus ne fait évidemment pas exception. Voilà donc Akim Amara, ombrageux metteur en mots, et Patrick Mirandola, sobre et économe metteur en sons. Sur le papier, ces deux-là n'avaient que peu de chances de se rencontrer. Un peu moins encore de se trouver des atomes crochus, et encore un peu moins de créer un jour quelque chose ensemble. C'était sans compter sur l'option d'un verre tardif servi par l'un et bu par l'autre dans un bar de nuit un soir de virée. C'était oublier l'existence d'amis communs - chose toujours possible dans le microcosme d'une ville comme Bordeaux… C'était faire fi de l'audace d'un destin toujours facétieux. C'était ne pas prévoir la commune et dévorante passion pour la musique, l'attirance partagée pour la belle ouvrage et enfin, reconnaissons-le, des muses respectives aussi patientes que conciliantes. On sous-estime sans doute toujours le rôle d'une bonne bière…